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mardi 17 septembre 2024

Le cadeau

Hier je vais à Emmaüs, je vois un 33 tours de Christian Morin, je me dis ah je le prends pour offrir à ********* c'est bientôt son anniversaire. Pendant que je trouve des disques de Manitas de Plata, je me dis mince pourquoi je pense à ********* en voyant un disque de Christian Morin ? Est-ce que je le lui aurais pas déjà offert à un de ses anniversaires il y a 15 ans et je m'en souviens pas, ou alors est-ce que j'ai offert un disque de Christian Morin à un autre ami, est-ce que cet ami avait aimé ce cadeau ? Est-ce qu'il s'était dit wa c'est quoi cette merde ou bien waaa trop bien ce cadeau est à la fois très drôle et parfait pour moi, quelle fine psychologue, elle m'a percé à jour, je l'aime.
*********, si jamais comme je le crains mais sans aucune certitude, je t'ai déjà offert ce disque, envoie-moi un message, je le redonnerai à Emmaüs comme peut-être si ça se trouve tu l'as toi-même fait récemment pour t'en débarrasser.


























Par ailleurs, je vois avec grande surprise que Manitas de Plata est roux, roux aux yeux bleus, en fait j'avais jamais vu sa tête. Il a une sacré touche. Au dos de la pochette il sourit, on voit ses dents en or, je me demande si en 2024 c'est plus ou moins cher qu'une dent en céramique, une dent en or. Est-ce qu'elles sont en vrai or et si oui est-ce que c'est ok pour mâcher vu que l'or c'est mou, que d'ailleurs pour vérifier qu'un truc est en or on le mord avec ses dents. Est-ce que j'aurai le courage de choisir des dents en métal plutôt qu'en céramique si jamais un jour je dois le faire, est-ce que ma mère arrivera à trouver que c'est cool d'assumer sa pauvreté avec des dents en métal, est-ce que j'aurai vraiment envie de me faire remarquer avec des dents en métal.
J'ai oublié que ma platine vinyle faisait à nouveau un gros bruit de masse quand on l'allume alors j'écoute les disques que j'ai achetés sur youtube, sauf celui de Christian Morin parce que lui je l'avais pris pour la pochette. Maintenant que j'écris ça je me dis que je suis con, allez, lui aussi il faut l'écouter. Si ça se trouve c'est un vrai beau cadeau, si ça se trouve je vais avoir envie de le garder tellement c'est bien.






























Quand on était petites ma mère nous racontait tout le temps des histoires de quand elle était petite et cheffe de bande dans son quartier. Tout le monde se foutait de sa gueule parce qu'elle était rousse, ils croyaient que sa mère lui teignait les cheveux parce que ses yeux et ses sourcils étaient noirs et que roux ça existait pas. Un jour quelqu'un lui a dit je chie sur ton père, ma mère lui a lancé une pierre qui s'est encastrée sur son front, c'était son ennemie, la cheffe de l'autre bande. Quelques années plus tard ma mère entre contrainte et forcée dans un collège de riches tenu par des bonnes soeurs sadiques. Elle vient des quartiers pauvres, elle n'y connaît personne, personne sauf une : Josefina, la cheffe de bande au caillou, son ennemie de toujours.
Elles deviennent instantanément amies.
Un autre jour je vous raconterai l'impact d'une scène de film vu à 4 ans sur une télé noir & blanc et l'espèce de modèle farouche que ça a généré dans mon cerveau.

lundi 15 avril 2024

Stella - Sylvie Verheyde (2008)






















1977. Stella entre en sixième, dans un grand lycée parisien.
Stella entre dans le monde...
Un nouveau monde, à l'opposé de celui qu'elle connaît.
Elle, elle vit dans un café, un café d'ouvrier, à la frontière de Paris.
Cette rentrée va changer sa vie.

Stella est du même acabit que L’enfance nue de Pialat, une enfance nue avec une fille de onze ans élevée dans un bar en 1977. Ça a l’air d’un petit film mais c’est l’inverse, de même sa réalisatrice est méconnue mais grande. Elle s’inspire ici de sa propre enfance et tout y est si juste qu’il est troublant d’y reconnaître une amie, un cousin, une voisine. Et ne craignez pas d’aller voir un film dans lequel joue un chanteur que vous ne pouvez souffrir, il y est parfait, comme tous les autres.



Écrit pour la brochure du Cosmos, cycle #10 "Cinéma & littérature" (du 10 avril au juin 2024)

mercredi 6 décembre 2023

Un homme, un vrai - Arnaud et Jean-Marie Larrieu (2002)
















Au cours d'une soirée parisienne, Boris, un apprenti cinéaste, et Marilyne, une jeune cadre supérieure, se déclarent un amour éternel alors qu'ils viennent à peine de se connaître. Au fil du temps, leur relation va changer...

“Une biche !”. “Oh ! Encore une biche !”.
La scène qui se termine par “una biera et una omeleta please”. Et ça devient plus sombre.
L’émotion qui pointe. Les coqs de bruyère. À une heure du soir indéfinissable. En 35 mm, ça va être encore plus beau.
La fin, qui est aussi une chanson, chantée, en vrai, par les acteurs troublés.
Comment parler d’un film fétiche en 500 signes ? La musique de Philippe Katerine, la harpe, le guide de haute montagne Toni, le gazpacho ?
La deuxième fin. Et le générique aussi.



Écrit le 25 septembre 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #5 "Géométries amoureuses"