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mercredi 17 avril 2024

L'incroyable vérité (the unbelievable truth) - Hal Hartley (1989)


Josh Hutton, après un séjour en prison pour meurtre, retourne dans son village natal. Il rencontre Audry, toute jeune fille avec laquelle il sympathise. Elle lui propose de travailler pour son père qui tient un garage. Excellent mécanicien, il l'embauche, mais il voit d'un mauvais oeil Josh tomber peu à peu sous le charme de sa fille.

Vous ne savez pas ce que veut dire le mot cool ? Allez voir L’incroyable vérité. 35 ans après sa sortie il reste la quintessence de la coolitude. Un coeur bat-il derrière ces airs stoïques ? Assurément. Audry parviendra-t-elle à convaincre son père de la laisser étudier la littérature  lors de joutes verbales dignes de parties de Uno ? Pas si sûr. Ressorti en salles en 2019 en version restaurée (mais où ?), ne ratez pas ce film à la mise en scène et aux dialogues si particuliers, nets, pince-sans-rire et poétiques.








































Écrit pour la brochure du cinéma Le Cosmos, cycle #10 "Cinéma & littérature" (du 10 avril au 4 juin 2024)

mardi 16 janvier 2024

J'ai pas sommeil - Claire Denis (1994)






















C'est au petit matin que Daïga débarque à Paris au volant de sa vieille voiture avec pour tout bagage un peu d'argent, deux numéros de téléphone et beaucoup de cigarettes. Elle a fait d'une traite la route de Vilnius à Paris, elle est comédienne et un metteur en scène de passage à Vilnius lui a promis de l'aider.

Katerina Golubeva est un peu trop années-90-ment belle dans sa skoda rouillée, à fumer des clopes dans des vêtements trop grands qui lui vont si bien. Béatrice Dalle aussi est très photogénique quand elle apparaît, ça agace pas mal. Heureusement il y a les autres : Line Renaud qui tient l’hôtel avec sa mère et qui le jour anime les cours de karaté des “panthères grises”, les frères martiniquais, la police...
En adaptant librement l’affaire Thierry Paulin, Claire Denis et Agnès Godard dissolvent le sordide dans un enchaînement de séquences froides et veloutées, étrangement douces et enveloppantes. On retrouve cette espèce de mélancolie propre au début des années 90, la mort qui rôde, la solitude des métropoles. Ces personnages qui se croisent sans vraiment se parler font avancer le film en cercles concentriques, comme un oiseau planant lentement au-dessus d'une proie. C’est doux et mélancolique, une berceuse chantée par Jean-Louis Murat, de l'ASMR chuchoté en russe dans une boîte de nuit gay.




Écrit le 30 décembre 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #8 "La nuit" (du 17 janvier au 27 février 2024)

Ce film étant finalement déprogrammé (problème de copie) vous avez droit à une deuxième image


et un extrait vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=MMcBEOvxXj4

samedi 13 janvier 2024

Blue Velvet - David Lynch (1986)















Il se passe quelque chose d’étrange derrière les palissades blanches de Lumberton, Caroline du Nord. Après avoir fait la découverte d’une oreille humaine coupée dans un champ, Jeffrey Beaumont, un étudiant attiré par le mystère, est bien déterminé à enquêter. Avec l’aide de sa petite amie, Jeffrey pénètre dans l’univers sombre et dangereux de Dorothy Vallens, une chanteuse de boîte de nuit mystérieusement unie à Frank, un gangster sadique, autour d’une histoire de kidnapping.

Pour le cycle précédent ("Contes et Légendes") on m’a dit “nan, Sailor et Lula en double programme avec Le magicien d’Oz c’est hors sujet”. Celles et ceux qui ont craqué en achetant le dernier numéro hors-série hors de prix (lisez-le à la médiathèque) des Cahiers du Cinéma alors qu’ils étaient mieux avant savent bien que toutes les excuses sont bonnes pour rester vivre le plus longtemps possible dans le monde merveilleux de David Lynch et que non ce n’était pas hors sujet mais c’est égal car :
Blue Velvet je l’ai vu à l’Odyssée (ancien nom du Cosmos) un soir à minuit il y a très longtemps, c’était l’époque où on pouvait y voir des rétrospectives Tsui Hark ou Harmony Korine, autour de l’an 1998 ou 2002. En sortant de là dans un état de choc certain, la ville était déserte car c’était la nuit, j’avais 220 mètres à parcourir en passant par la ruelle de la pisse et une terrifiante cage d’escalier immobile pour arriver à mon placard studio et y faire ma toute première insomnie, pétrifiée, éveillée par la Terreur et l’Amour purs.



Écrit le 30 décembre 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #8 "La nuit" (du 17 janvier au 27 février 2024)

lundi 11 décembre 2023

La bande à Momo et l'énigme du gravillon magique (4)



Personne ne disait rien.
Elle pensait à Mélanie.

IX découverte


- Ha Ha Comment t'as fait pour s'exclamer toute seule s'exclama Lami

alle avait fait une insomnie à cause d'un message, il s'ensuivit qu'elle écrivait mal, c'était dû au fait qu'elle manquait de sommeil, ses doigts ne répondaient pas à son cerveau, son cerveau ne répondait pas à ses yeux.

- Ha Ha comment t'as fait pour trouver toute seule s'exclama Lami

- Ah c'est la où Pascal est parti et ici Gravillon et là La pierre Sacrée

- Eh c'est quand qu'on part

- ce soir

- Eh qui va payer

- Mon oncle s'écria Momo

- Et il est d'accord ?

- Oui à mon anniversaire il voulait me payer un voyage et je n'avais pas d'idée alors ça y est on va au Pérou Allez faire vos baggages
.

 Il est 4h00 à Paris tout le monde dort sauf les 5 intrépides qui se préparent pour un long voyage...
- C'est toi qui a pris mes chaussettes Lolo ? dis ! elles sont plus dans mes chaussures !
- Mais non - écoute Lami je crois que tu devrais demander à Monique elle avait besoin de chaussettes vertes pour assortir avec sa jupe rose et son chemisier marron...
- Oui mes il me les faut parce que j'ai pas d'autres chaussettes pour mettre avec mon pantalon orange et mon pull à rayures rouge et rose ! 
»

Allez les énervés
énervées l'Oncle vous attend dehors avec les billets d'avions et sa Roll'sRoyce.
» ...
- En avant les filles prêtes?
  Prêtes
- Alors les filles montez vite dans la voiture et en avant pour Roicy
»





                    (à suivre...)

mardi 5 décembre 2023

Simone Barbès ou la vertu - Marie-Claude Treilhou (1980)


Simone Barbès est ouvreuse dans un cinéma porno. Un soir, après son travail, elle se rend dans une boîte de nuit lesbienne. Puis elle rencontre un homme seul et désespéré qui lui cède le volant.

Attention : errance nocturne oui mais ici on n’est pas chez Jarmusch, Wong Kar Wai ou Cassavetes.
Le romantisme, l’esthétisme, les fantasmes embrumés : ça dégage. On a mieux à voir. Les ouvreuses dans les cinémas elles sont blasées et alors ? Oui monsieur le baron, ici chez M-C T. on envoie bouler les clients, on récite des poèmes, on mange des sandwiches, on s’évente avec des livres et on se sert un petit verre de guignolet. Le tout sur fond de gémissements lascifs incroyables qui s’échappent de portes mal fermées.
Simone est un drôle d’oiseau, une Arletty en pantalon de skaï qui observe beaucoup et qui parle aussi, a de la verve à revendre, de la vitalité dans le désenchantement, n’est pas si méchante. Je n’ai plus la place ici, mais il y a beaucoup plus à voir dans ce film à la séquence finale bouleversante. Ah cette moustache, resplendissante, c’est le mot.



Écrit le 13 juin 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #2 "Cinéma miroir"