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mardi 13 mai 2025

Lumière Fleur






































Le 7 mars 2025 à 20h30

Une jolie cliente fraîche brune svelte arrive elle fait un vrai sourire à moi à moi ?
Elle me fait penser à Phoebe Waller Bridge elle dégage de la netteté et de la fraîcheur j'aime bien son petit pull.
Elle a une carte ugc illimité je lis son nom en même temps je lui sors son ticket et je lui parle mais dans ma tête en même temps je mémorise son nom et son prénom pour regarder sur internet tout à l'heure entre deux séances donc dans ma tête je tape : Lumière Fleur Strasbourg, wa Lumière Fleur ébé, même son nom est classe, tout ça en même temps alors je lui tends son ticket, normalement je dis Salle 2 à l'étage avec le geste de la main en direction de la salle comme une hôtesse de l'air avec les sorties de secours mais là je dis Salle 2 à Strasbourg heu à l'étage, ça la fait rire, peut-être elle a vu que mon cerveau faisait deux choses, peut-être elle a vu mes yeux lire son nom sur sa carte mais je crois pas parce que je fais ça façon agent secret, par exemple si je sens que la personne est en train de me regarder je le fais pas, je lis pas le nom. Oh la la c'est la fin de la journée je dis n'importe quoi, bonne séance ! Ha ha ha.
Je tape Lumière Fleur. Elle est illustratrice elle fait un grand sourire bien tarte sur sa photo avec sa marinière, waaa j'ai complètement déliré, brune jeune mais elle ressemble pas, on dirait un gros bébé. Je clique sur son site ça propose des stages yoga randonnée dessin dans la montagne, hyper tarte.
Je reviens en arrière ah elles sont deux. Elles s'appellent pareil, deux Lumière Fleur, d'accord.
Au moins je suis pas folle, la vraie ressemble. Voilà, elle a l'air franc et intelligent, elle est belle, elle fait de l'artisannat d'art avec des plumes. Bon c'est pas ma came je les mettrais pas ses boucles d'oreilles de la Fremaa mais ça va.
Ok alors c'est quoi ce truc de triper sur les bourgeoises c'est nouveau ?
Je sais pas. La photo c'est celle du cheval qui me fait penser à Francine, la cliente aux cheveux ivoire.
C'est pas la première fois que je pense à Phoebe Waller Bridge en trouvant une cliente fraîche et jolie. C'est la deuxième.
La première fois c'était en 2021. Voilà ce qui s'était passé.


***

Le 14 mars 2025, je rêvasse à la caisse du cinéma, qui déboule faire son joli coeur pour que je dé-périme les places de sa carte d'abonnement ? : *********, oui *********, l'ami qui a fait un sourire très crispé quand il a découvert le disque de Christian Morin sous le papier cadeau en novembre.
Qui est avec lui ? Lumière Fleur. OK.
Ils sourient beaucoup ils virevoltent, je fais des blagues, je débloque sa carte, ils vont voir un film complètement nase. Pour pas tuer leur joie je leur dis pas que le film qu'ils veulent voir est pourri mais j'essaie de les détourner vers Aimer perdre qui est super. J'y arrive presque, ils veulent pas attendre jusqu'à 21H.
Maintenant quand je croise Lumière Fleur en dehors du cinéma je trouve qu'elle a l'air timide et toute petite, et je suis jamais sûre de la reconnaître. C'est aussi à cause des coiffures.
Je vais essayer de faire attention.
Est-ce que je la trouve plus petite parce qu'elle est devenue la copine de ********* ?
Est-ce la même cliente qui m'a montré ses seins en photo en 2021 ?
Est-ce que finalement c'était la vraie Anouk Ricard sous le masque FFP2 ?
Je ne sais pas.


.

Gringo

10 décembre 2021

"En attendant je te raconte 3 trucs drôles qui sont arrivés quand j'étais à la caisse du cinéma, je te les écris à toi en exclusivité :


le premier truc c'était en septembre ou octobre, et donc une jeune et très belle femme me tend son smartphone pour que je scanne son passe sanitaire qu'elle avait pris en photo, enfin elle faisait défiler sa galerie de photos sur le comptoir devant mon nez et hop la photo qu'elle agrandit pour que je la scanne c'est pas le passe sanitaire, c'est un selfie (enfin je crois) de ses seins (enfin son torse fin avec ses vêtements remontés) ha ha mais ça a duré une seconde parce qu'elle a swipé la photo assez vite, et moi grande classe j'ai fait comme si de rien n'était, super pro.
Alors je ne sais pas ce que tu en penses mais moi je me suis demandé si c'était fortuit ou volontaire. Genre c'est une grosse blagueuse qui a fait une école d'art, c'est un genre de performance cachée underground, le genre de truc qui me branche. Ou alors elle est légèrement exhibitionniste. Ou alors elle a pas fait exprès du tout. Ou alors c'est une activiste qui fait ça pour troubler tous les contrôleurs de passes sanitaires qu'elle croise sur son chemin?
Ou alors c'était juste pour moi.
Haaaaa j'aimerais tant la revoir pour lui demander, le problème c'est que je ne me souviens plus de sa tête, dans mon imaginaire je l'ai associée à l'actrice Phoebe Waller Bridge que je trouve belle drôle et spirituelle mais bon si ça se trouve elle lui ressemble pas du tout... j'aurais dû regarder son nom mais je ne le fais jamais.




















Deuxième histoire de passe sanitaire un peu drôle et mystérieuse qui m'est arrivée il y a dix jours :
une jeune femme me tend son smartphone avec le QR code, je le scanne et là, je sais pas pourquoi, alors que d'habitude je ne regarde jamais ce qui s'affiche sur l'écran - juste la couleur verte qui dit que c'est ok et encore - là, mystère, mes yeux lisent le nom de la fille et bon ça doit pas être un hasard puisque ce nom je le connais, c'est Anouk Ricard, la célèbre illustratrice, que je connais un peu en vrai parce qu'avant elle vivait à Strasbourg. Et là je vois bien que c'est pas elle, enfin ça pourrait mais quand même je la reconnaîtrais je pense, alors comme on a des masques je la regarde un peu mieux, du coup elle me regarde avec un drôle d'air genre "merde est-ce que je me suis faite griller?", tout ça est très furtif, et puis bon avec les masques, et moi toujours la reine de la classitude, je fais comme si de rien n'était. Je me suis dit que ça devait être sa soeur... Je me suis dit que j'allais envoyer un mail à Anouk pour lui raconter et lui demander en rigolant mais après j'ai oublié, peut-être je ferai ça plus tard... En tous cas je me suis dit deux trucs :
1 : c'est pas forcément malin d'emprunter le pass sanitaire de quelqu'un de connu
2 : en même temps, les personnes susceptibles de connaître Anouk Ricard et de contrôler des passes sanitaires vont à priori être coolos et pas appeler la police.
Le plus fou c'est que le soir même ou deux jours après je sais plus, en passant la carte d'abonnement d'un client, je vois qu'il s'appelle Marc Lévy, mais bon comme je sais pas à quoi il ressemble je peux pas savoir si c'est lui ou un autre et là je me dis ahaaan... Et là je viens de taper marc lévy strasbourg dans google pour voir s'il était pas de passage dans la région ou s'il habiterait pas en alsace, mais non c'est un psychiatre.


La troisième histoire c'était hier :
il y avait l'avant-première d'un film documentaire qui a l'air bien pourri, l'histoire d'une jeune femme qui apprend qu'elle a la sclérose en plaque et qui décide de faire le tour du monde ou je sais pas quoi pour voir des chamanes (et Rosy, c'est le nom qu'elle donne à sa maladie haaaannn)





































et bref, il y a tellement personne à cette avant-première qu'avec Julie on se marre en voyant le nom d'un·e invité·e de la réalisatrice, ce nom c'est "Casual Melancholia" (et la réalisatrice a précisé que c'était bien son nom), on commence à essayer de trouver à quoi va ressembler cette personne, moi j'imagine un genre de gothique vampire manga ado transgenre à la Twilight, Julie qui a la liste des invités et qui est sur le côté convient d'un code pour me prévenir quand cette personne sera là (genre tapoter sur la vitre en plexi avec son crayon. Je lui dis de taper une seule fois histoire que ça soit discret), bon on attend, on attend, on guette mais rien, cette personne n'est pas venue. Par contre Julie après coup me dit qu'un mec est venu et a donné comme nom "Gringo des Steppes", mais comme il n'était pas sur la liste il a fini par donner son vrai nom en disant "ah elle a pas dû oser".


Voilà voilà, mes supers histoires de caissière."

mardi 8 avril 2025

Lundi

Je pédale je suis à la bourre, je croise un vélo cargo avec deux petites filles blondes à l'avant, la mère pédale elle a un casque de vélo elle a l'air sportif elle fonce on se croise sur le pont je l'entends prononcer très distinctement "ON SERA UNIS, SOUDÉS, SOLIDAIRES" assez fort pour que ses enfants puissent l'entendre dans la circulation.
Je ne sais pas si elle est en train d'énoncer quelque chose qui va leur arriver, de réciter un discours qu'elle prépare, de faire apprendre un discours à ses enfants pour un devoir d'histoire mais c'est chaud elles ont l'air d'avoir 5 ans. J'aurais dû faire demi-tour et les suivre.
Je continue en sens inverse, je suis en retard alors je me répète la phrase en boucle sur mon vélo pour pas l'oublier et bien la noter sur un bout de papier quand je serai arrivée on sera unis soudés solidaires je la scande dans ma tête, je la chuchote, je fais comme la dame, si ça se trouve c'est ça qu'elle faisait, répéter une phrase entendue pour l'écrire à la maison mais comme elle est prof de sport elle est obligée de parler fort pour la retenir, moi ça va je peux chuchoter jusqu'au bout de papier je passe pas encore pour une folle, faudrait vraiment être près de ma bouche pour avoir envie de retenir ce que je raconte, par exemple ma capuche, en niveau de proche, ou un animal qui se poserait sur mon épaule, pendant que je fais du vélo en plein centre ville à Strasbourg. Un animal très doux et compréhensif, observateur, intelligent, il mémoriserait tout ce que je raconte, ce qui me passe par la tête, et quand je commencerais à débloquer il poserait sa petite main fraîche sur ma joue, ça me calmerait instantanément, ça m'apaiserait quand ça va pas. Je serais bien contente qu'il soit là quand je pédale, dans ma capuche, le mini singe calme. Il saurait.

mardi 11 février 2025

Style vieille jeune

Francine au début vous aviez les cheveux bruns chics plutôt courts, l'air d'avoir un certain âge mais jeune d'esprit et la classe en toute discrétion, une femme active, intelligente.
Une des premières fois je vous ai demandé où vous aviez acheté votre chemisier, j'aimais trop votre style, c'est hyper rare que je fasse ça, j'ai mis un peu de temps à comprendre que vous étiez sans doute pétée de tunes. Vous aviez l'air surprise de mon enthousiasme et de ma question. Après je n'ai plus osé demander parce que j'aimais tous vos vêtements.
Vous venez toujours seule. Vous ne parlez à personne.
Comme vous venez voir les films que j'ai envie de voir aussi, je me dis que peut-être c'est réciproque, que vous aussi vous aimez mon style, même mes tee-shirts Tortues Ninja ou Eckbolsheim Basketball, que vous sentez qu'on a les mêmes goûts.
Du jour au lendemain vous êtes venue avec les cheveux blancs, ivoire, et ils étaient longs avec une frange. C'est là que j'ai commencé à remarquer que vos vêtements devaient coûter une blinde. C'était bizarre c'était comme si vous aviez décidé de devenir vieille.
Vestes en tweed, pantalons beiges comme pour le cheval. Avant vous aviez des Creepers. Ou j'ai déliré. Je crois pas.
Je suis grand-mère, je suis à la retraite, je suis la veuve d'un grand professeur, industriel, docteur. C'est quoi le message. Je suis une grande bourgeoise timide finalement j'ai le look que donne les boutiques de luxe aux femmes discrètes.
Vous vous appelez Francine c'est sur votre carte illimitée, le nom je m'en souviens jamais il a trop de lettres, je l'ai écrit sur des bouts de papier que je ramène chez moi, ça traîne par terre avec le reste. J'ai déjà essayé de vous trouver sur internet mais y a rien.
Ce cheval je l'ai pris en photo il me fait penser à vous.
J'aime moins vos vêtements mais vous me faites des plus grands sourires quand vous venez prendre votre place j'ai remarqué.
Peut-être vous m'entendez discuter des films avec d'autres clients quand vous êtes dans le hall.
Par exemple peut-être vous avez vu mes pommettes un peu rougir quand on m'a demandé si j'avais vu Babygirl et que j'ai essayé d'expliquer ce que j'en pensais. À la fois un peu pourri et troublant, en gros. Je dis pas que je l'ai vu une fois et demie.
Je me demande si parfois vous pétez des câbles. À qui vous parlez.

Il y a cinq ou dix ans j'ai remarqué une femme qui traînait vers la place de l'Homme de fer l'été, je l'ai vue deux ou trois fois, à chaque fois ça me sautait aux yeux et je la reconnaissais parce que j'aimais trop son look même si elle avait l'air folle crade et à la rue, je me disais Waaa mais c'est moi. Moi quand je serai vieille folle et sdf, j'aurai exactement ce look. Même coupe de cheveux au carré, un peu maigre se tient pas droite, robe d'été sans manches en tissu éponge fuchsia des années 70 trop belle, un sac plastique avec des trucs, des baskets ? Des tongs ? Les autres fois je sais plus mais je la trouvais trop stylée, jeune et vieille en même temps. Super look simple et spécial, super couleurs. C'est rare hein. C'était un choc.

Je retrouve pas la photo du cheval.
Blond, calme, muet, s'approche.

jeudi 22 août 2024

Diamantino - Gabriel Abrantes, Daniel Schmidt (2018)


Magnifique, candide et attachant, Diamantino est l’icône planétaire du football, un héros flamboyant touché par la grâce. Quand soudain, en pleine Coupe du Monde, son génie s’envole dans les vapeurs roses de ses visions magiques, sa carrière est stoppée net. Problème : il ne connaît rien d’autre.

Diamantino est un conte. Comme tout conte il nous parle de vraies choses. Des créatures vénales machiavéliques ultra-nationalistes manipulent un footballeur star infantilisé afin de régner sur la terre grâce à une armée de clones lobotomisés.
Diamantino est-il un documentaire ? Vivons-nous dans un film de série B ? Cet idiot au coeur pur parviendra-t-il à briser ses multiples chaînes grâce à l’amour pour ce jeune migrant adopté dont il ignore qu’elle est une espionne lesbienne enquêtant sur le terrible complot ?




Écrit pour la brochure du cinéma Le Cosmos, cycle #12 "Liaisons sportives" du 17 juillet au 27 août 2024.



Plus que deux séances pour voir ce très beau film sur grand écran à Strasbourg : ce samedi à midi et mardi 27 août à 20h30, au Cosmos.
Ne le ratez pas, c'est drôle beau hallucinant poétique et émouvant ouais les gros mots c'est un peu foireux et très réjouissant, l'acteur est super, tout le monde parle portugais, je sais pas ce qu'il vous faut de plus pour vous convaincre.
Le 19/08/2024 Geoffrey m'a envoyé ce message : " Ohlalaa on vient de voir "DIAMENTINO" avec Jaki j'ai adoré, Jaki a bien aimé aussi, trop beau trop drôle merci<3 "





























lundi 10 juin 2024

Tampopo - Jūzō Itami (1985)























Tampopo, une jeune veuve, gère, sans succès, un petit restaurant de ramen dans un quartier populaire de Tokyo. Sa vie va basculer le jour où un client, Goro, routier à la dégaine de cow-boy et fin gourmet, décide de lui enseigner l'art et la manière de cuisiner les nouilles. Leur histoire croisera les aventures érotico-alimentaires d'un homme en complet blanc, l'obsession compulsive d'une vieille dame, le dernier repas d'une mère de famille...

Avec Tampopo, film culte trop rarement projeté, apprenez avec cet homme mystérieux à déguster une huître sauvage dans la paume tendue d’une jeune pêcheuse, à suivre les enseignements précis et précieux d’un routier ou d’un clochard étoilé.
Avec ses 4 séances uniques au Cosmos, pas de risque qu’il perde sa fraîcheur ni son mystère. Mais vous, oui : vous, qui n’avez pas peur d’un oeuf cru ni d’une expérience rare, ne passez pas à côté de cette perle, faites partie des initiés.



Écrit pour la brochure du cinéma Le Cosmos, cycle #11 "la grande bouffe" (du 5 juin au 16 juillet 2024)




Le jour où j'ai écrit ce texte il n'y avait que 4 séances programmées, j'étais dégoûtée. La veille de l'impression de la brochure on m'appelle pour me dire qu'en fait il y a 14 séances, pourquoi j'ai écrit 4, et est-ce que que je veux changer mon texte. J'étais dans un train, j'ai dit nan, t'as qu'à juste mettre 14, ça ira aussi. Voilà, 14 c'est OK, vous avez zéro raison de pas aller le voir mais vous faites bien comme vous voulez.

lundi 25 mars 2024

La bande à Momo et l'énigme du gravillon magique (16)

                                      
                      XIV          
                    L'histoire
                     du temple et
                      de la pierre


- Maintenant raconte nous tout ! Marco !

- Il m'a prit et m'a dit qu'il pouvait    voulait me parler, et que si je ne savais pas il ferait tué ma famille .

- Il m'a dit connais tu ou se trouves le temple et la pierre sacrée ?  Bien sure je n'est rien dit, Et je sais qu'il mettra sa menace à exécution s'il me retrouve.

- Alors tu sais ou sont .
- Oui je sais ou est le temple mais je ne sais pas ou est la pierre. c'est un temple truffé de pièges. Ils veulent cette pierre qui contient un pouvoir si puissant qu'elle peut tuer les personnes gênantes sans laisser de trace



***************************************************************


Une fois tu as crié sur ton cousin. Il riait nerveusement. Un an de plus que nous. Quel âge on avait ? Je comprenais rien. 11 ? Il habitait la maison à côté de la tienne, enfin pas collées, grand grillage entre. On jouait jamais avec lui.
C'était bizarre ce que tu criais.
La fois où on avait passé un après-midi à organiser la cérémonie d'enterrement d'Éphémère, la hérissonne morte récupérée sur la route pendant une virée à vélo, il nous avait espionnées de chez lui. Il nous trouvait de plus en plus cinglées, on voyait sa tête de loin. On avait inventé des chants de messe qu'on chantait de plus en plus fort, en balançant des tas de pétales de petites fleurs sur la tombe. Grosse rigolade. Le hérisson c'était encore ton idée. On avait fait un aller-retour jusqu'à chez toi pour récupérer un sac plastique pour le ramener. Tu l'avais baptisée Éphémère, je ne connaissais pas ce mot. Tu lisais des vrais livres, Victor Hugo, Émile Zola, des livres de vieux, moi les plus vrais livres que j'avais lu c'étaient les Fantômette que je trouvais très spirituels. Que tu lises Les Rougon-Macquart je trouvais ça aussi étrange que la collection de petites poupées en costumes traditionnels dans leurs boîtes transparentes sur le meuble de ta chambre ou les posters de Kylie Minogue apparus à côté de ton lit.

T'avais fait un prêche bien démentiel et on s'était dit que ça serait hyper cool quand on déterrerait le squelette plus tard.
Quand on l'a exhumé c'était trop tôt. Bien dégueu avec des asticots, pas du tout un squelette, après on a oublié. On n'avait pas mis de marque, ça devait rester secret dans le sable derrière ta maison. Fallait pas que tes parents ou ton petit frère tombent dessus alors on avait fait un plan. Avec des nombres de pas.

Cette pierre qui contient un pouvoir si puissant qu'elle peut tuer les personnes gênantes sans laisser de trace.







                    (à suivre...)

lundi 12 février 2024

La bande à Momo et l'énigme du gravillon magique (15)



              
  XVIII      

A la recherche de Marco


Elles arrivèrent au lieu de rendez-vous . Pas de Momo et Gigi en vue .
- Ou est Marco ?
- Tenez le voila
dit Gi LiLi en le montrant du doigt !

- attendez , Paul le suit et lui parle  suivons les !
- Elles les suivirent mais les perdirent .

- Ou peut il bien etre ce Marco ?

- Fouillons dans les bungalos abandonnés

Elles cherchèrent longtemps, longtemps
Et soudain !

- Regarder s'écria LoLo
il est là, seul attaché aux meubles !

- Marco ça va ?
- Heu Heu Mm

- Tu vois bien qu'il ne peut pas parler avec ce chiffon dans la bouche !

-Delivrons le !

Elles sautèrent pénetrèrent par la fenêtre du Bingalo, elles le détachèrent et ils s'enfuirent. ensemble !
Arrivés près de la maison de Jack ils s'arrêtèrent .

- On va aller chez Oncle Jack, lui il sera d'accord .*

    Elles pénètrerent dans la maison, et Jack leur dit

- Alors vous avez trouvés Momo et

- Non toutes manière on s'en fiche

- Vous avez raison
Mais qui es tu toi ?
- Bonjour Monsieur

- C'est Marco, il parle très bien notre langue . Il est seul au monde, sa famille est dans un camp prète a mourir , il apporte la drogue a Pascal et a Paul pour vivre . Cette fois, je ne sais pas pourquoi , il a été emprisonné !

- Au mon pauvre petit ! Tu sais mon coeur est assiez vieux mais encore jeune pour te laisser vivre avec nous si tu le veux !

- Oh Oncle Jack vous êtes formidable  s'écria LiLi

- Non, non

- T'as compris Marco ?
- Non , pas beaucoup !
- Tu vas habiter chez nous, le temps qu'il faudra avant de d'avoir resoud cette ég énigme
-Oh Merci Monsieur
Je adore vous.
- Non, Marco  Je vous adore !
- ah oui merci .

    Bon montons faire ta chambre après nous tu nous expliqueras .
    Elles mirent un autre lit dans leur chambre et mettèrent le lit de GiGi chez Momo!

- Momo va gueuler si elle apprend ça !

- Ne vous inquiéter pas  dit Oncle Jack , Je vais la raisonner  si elle émet des objections

- Bon je vous laisse
  Et oncle Jack parti .

Dans ton sous-sol il y avait une pièce que je pigeais pas bien. C'était une chambre avec un lit deux places. Humide, sans fenêtres, bas de plafond, éclairage glauque, sans doute un néon, un dessus de lit avec des motifs de petites vagues/chenilles en relief genre serviette éponge qui râpe, un traversin, l'enfer. Le lit était toujours fait, comme dans un hôtel, enfin un hôtel glauque dans un garage. Je comprenais pas bien ce qu'elle foutait là cette chambre mais bon, on avait autre chose à faire que discuter. Principalement aller à la piscine, rester le plus longtemps sous l'eau pour pas entendre ces cons de maîtres nageurs.
L'apnée c'était notre truc, on faisait toutes nos longueurs sous l'eau. À force ils avaient lâché l'affaire, ça les saoulait, ils voulaient qu'on fasse des compètes. On les ignorait.
On avait appris l'alphabet en langue des signes pour pouvoir se parler et jouer sans se faire engueuler, sous l'eau.
Un jour je sais pas pourquoi on a fini par participer à une de leur compète quelque part. Il y avait un car pour y aller. On était trois à nager dans notre catégorie: toi, hyper speede comme d'hab, une fille qui avait l'air d'une adulte et qui devait peser le même poids que nous deux réunies et moi, l'inverse de speede.
C'était aussi nul que prévu avec finalement aucune pression vu que y avait personne. Un après-midi à attendre en maillot de bain sur un banc dans les vapeurs de chlore avec zéro intention de gagner.














*Et cette typo courier, c'était qui ? C'était ma grande soeur, Elena.
Est-ce qu'on lui avait demandé de faire des corrections, est-ce que c'était un jour où elle s'ennuyait et traînait avec nous, franchement je sais plus, sans doute les deux. Si vous êtes attentifs vous l'aurez déjà remarquée ici, au chapitre VIII.
Et ici, on voit qu'elle avait eu la riche idée de commencer un sommaire à la fin de l'agenda :






















                    (à suivre...)




lundi 29 janvier 2024

La bande à Momo et l'énigme du gravillon magique (notice)

Aujourd'hui je vais vous écrire une notice pour le gravillon magique.
Quand c'est écrit avec la typo Arial, celle-ci maintenant oui, c'est écrit par la main de Mélanie. Mélanie A. en 1989.
Quand c'est écrit avec la typo
Times, c'est par ma main, Alice B., en 1989.
C'est visuel. La typo arial ressemble plus physiquement à son écriture manuscrite, grosse et ronde, et la times à la mienne, fine et effilée.
Alors pourquoi aujourd'hui en 2024, j'écris moi Alice B. avec la même typo que celle choisie pour retranscrire l'écriture de Mélanie de 1989 ? Parce que c'est ma typo préférée et que c'est celle que j'ai choisie pour ce blog aussi. Ouais. Blog.

Au début on écrivait ensemble, on cherchait les phrases à voix haute et c'était l'une ou l'autre qui retranscrivait ou qui faisait l'effort de faire des phrases correctes je crois.
On était assises par terre sur la moquette gris-bleu de ma chambre à attendre pas trop convaincue (moi) que l'inspiration tombe sur la mollassonnerie.
Assez vite c'est surtout toi qui l'écrivais le gravillon, d'ailleurs c'était encore une idée à toi, frénétiquement et mal fichument mise en oeuvre. Moi ce que je voulais c'était faire des super illustrations, des super typos pour les titres, une super couverture mais tu faisais tout hyper vite chez toi, après c'était fait, je disais rien.
On écrivait dans un vieil* agenda non utilisé que t'avais chopé chez ton grand-père ou dans ton sous-sol, c'était moche mais ça ressemblait à un livre avec une couverture un peu rigide en skaï bleu marine. T'avais pas pu t'empêcher de le recouvrir de papier pas terrible, du papier à lignes de feuille de classeur où t'avais écrit le titre à mes yeux n'importe comment avec un sens graphique nul et dessiné des espèces de petites fleurs qui n'avaient aucun rapport avec l'histoire. Enfin bon et le tout recouvert de vieux plastique transparent déjà utilisé mal scotché et agrafé aussi, non mais allô.
Même maintenant cette couv me désespère.
Me désole, me fout le cafard. Mais peut-être qu'à force de la regarder je vais changer d'avis.
























Sa totale nullité artistique m'empêche de la prendre en photo, là c'est l'intérieur que je vous montre. Vous voyez. C'est exactement le même emballage sachets plastiques/scotch dont je parlais ici.
Ce livre on le planquait dans ma chambre, dans le grand tiroir en bois hyper chiant à ouvrir, on le mettait tout au fond dans le coin gauche, sous une pile de trucs dont "La mode de Monique en 4 saisons". Lui j'aimerais bien remettre la main dessus, il cartonnerait en 2023, attendez je vous explique. Monique c'était qui, c'était Monique Buchou, notre surveillante de car, le car pour aller au collège. Elle passait son temps à crier. On l'aimait pas, on la trouvait bête et moche, elle parlait mal, elle disait pas de genoux, j'ai dit pas de genoux ce qui voulait dire ne vous mettez pas à genoux sur vos sièges. Le chauffeur c'était un pépé qui mettait le clignotant une fois sur deux, M. Gravier, le danger public, mais bon c'était ok il roulait pas vite et il disait rien contrairement au conducteur du car de La Barre de Monts qui était alcoolique et terrorisait tout le monde en hurlant des trucs en polonais (désolée, c'est la vérité, enfin je crois, c'est ma grande soeur qui racontait ça à peu près, ok je m'en souviens mal, mais je lui demanderai et si jamais je me suis plantée je viendrai rétablir la vérité, la vérité de ma soeur, si elle se souvient encore de ce que lui racontaient ses potes qui prenaient ce car, parce que ici c'est ok, c'est pas imprimé, je vais bien faire ce que je veux).
Donc Monique elle nous pourrissait tellement les voyages que pour rigoler (attention ça va être très drôle) on imaginait une histoire d'amour secrète entre elle et M. Gravier, le chauffeur pépé. Moi la reine de l'illustration j'avais dessiné toutes ses tenues façon book de styliste (hum) parce qu'elle avait une collection de pulls à motifs qu'on trouvait ignobles mais qui depuis quinze ans cartonnent dans les friperies de riches et rendent extatiques les jeunes gens artistes qui aiment par dessus tout le mauve le noir et le gris argenté. La mode de Monique en 4 saisons c'était notre trésor secret, la meilleure blague de l'année.

 






*alors je dois ici rectifier cette info : par souci d'exactitude je viens de vérifier aujourd'hui 26 janvier 2024 et quelle surprise, c'était un agenda de 1989 = l'agenda de l'année en cours haaan mais à qui l'avais-tu pris ? Te l'avait-on offert ? Je ne sais pas. Dans mon souvenir imaginaire il y en avait plein, peut-être ils étaient offerts par une entreprise, peut-être personne ne s'en servait jamais, mystère. J'ai beau ne pas aimer cet emballage qui le recouvre, jamais je ne le déscotcherai pour voir ce qui est écrit sur sa couverture originale. Amen.




lundi 22 janvier 2024

La bande à Momo et l'énigme du gravillon magique (12)

C'était une carte de visite au nom de Jeronimo Rai
- Regardez  s'écria LoLo c'est une carte de visite
- Jeronimo, Jeronimo . . . J'ai trouvé  le nom ou plutôt le faux nom de paul ! ! dit Momo

- Paul ? ? Pourquoi Paul ?

- Mais oui tu sais bien ce matin Il a Pascal a appelé Paul Jeronimo ! !
- Mais oui tu as raison ! C'est vrai  réagit GiGi
- Bon les filles au Boulot ! ! Essayer de trouver des renseignements sur ce jéronimo qui est notre Paul  Ok GiGi et LoLo ?
- Ok c'est toi qui décide momo !
- Bon Salut dépêchez vous moi je vais retourner chez pascal et essayer de récupérer des documents !



      
        XV des
        indices
          exeptionnels


    Le soir de retour avant 20h00, Les filles mirent en commun leur découvertes.
Lami et Lili racontent ce qu'elles ont appris lorsqu'elles ont suivit paul :
- Allez qui commence ? Lami ou Lili  demanda Momo ?
- Moi dit Lili . Nous l'avons suivi jusqu'au croisement de Lille rue
La, il est rentré dans un superbe hôtel du nom de " casa del sol".
Nous l'avons suivit jusqu'a la chambre 607°
Et nous l'avons laissés !
- Très bien les filles bon boulot mais ça nous laisse sur place.
- Non , non c'est pas fini  continua Lami  , on a interrogé le receptioniste !
- Ah ouais que vous a t'il dit interrogea Lolo ?
- Bien; voila toute la suite . On lui a demandé qui résidait dans la chambre 607
Il nous a dit que c'était Jeronimo donc c'était bien vrai!
- C'est bien mais on n'avance . . .
-
   Attendez, nous lui avons demandé s'il connaissait les fréquentation de paul et il nous a dit que plusieurs types venaient le voir tous les dimanches
Voilà c'est tout
Moi dit Momo j'ai été chez pascal et devinez qui j'ai vu ?  Oui Marco , le petit qui nous a bousculé , vous voyez , Et j'ai surpris leur conversation .
- Que disait-ils ? demanda GiGi  intrigué ?
- Ben voila Pascal le rouspétait car il avait eu un grand retard pour porter la drogue et que son salaire s'en verrai diminuer .  Marco pleurait et le suppliait . Alors voyant la que la discussion allait être des pleurs
j'ai préférer visiter la maison
J'ai pénétrer dans la chambre de Pascal et ai ramené un document qui pourrait lui manquer dans peu de temps ?
- C'est quoi ? demandèrent elles en coeur ?

- C'est une liste de fournisseurs de drogue , avec leurs numéros pour les contactez
il va bientôt s'en apercevoir que sa liste n'est plus la !
- Bien joué Momo
- Eh bien moi, dit Gigi, Je sais que Paul a une petite amie nommée Samanta !
Samanta est en France elle , eh bien non ? Elle est ici aussi !
- Non, c'est pas vrai ça ? dit Momo ?
- Eh le pire c'est qu'elle n'est meme pas au courant de ce que fait son copain Paul ? !
- Eh comment tu sais ça toi ?

- Eh bien, J'ai été la voir , mais elle ne se sentait pas très bien et m'a dit de repasser demain matin.

- Tu l'as vue ? ? ? Elle ? ? Mais comment as tu su ou elle demeurait , n'est elle pas dans la chambre 607 ?
- Non ! Et même pas dans le même hotel !
Je me suis renseigné à la mairie et aux archives pour savoir ou elle demeurait !
ça fait à peu près 4 ans qu'elle vient au Pérou avec Paul !
Voila

- Bon super boulot Gigi . Si nous allions manger et voir la télé ou écouter de la musique




                    (à suivre...)

jeudi 18 janvier 2024

Winnipeg mon amour - Guy Maddin (2007)


























"Documentaire fantaisie" autobiographique et onirique sur Winnipeg, et ses tentatives incertaines d’y échapper.

Le narrateur tente en vain de quitter sa ville natale. Engourdi par le froid il ne fait que s'endormir dans un train peuplé de somnambules emmitouflés. Nous sombrons avec lui dans un long rêve traversé de sursauts et d'histoires aux origines troubles.
Ça commence par une chasse au trésor annuelle organisée par la compagnie des chemins de fer. Le prix est un aller-simple pour le prochain train quittant la ville, le but secret étant de faire comprendre aux habitants "que le trésor est là, sous leurs yeux, et que quiconque regarderait d'assez près les trésors de sa ville n'aurait plus jamais envie de la quitter".
Décrit par Maddin comme un "docu-fantaisie mêlant histoire personnelle, tragédie civile et hypothèses mystiques", My Winnipeg est une déclaration d'amour à une ville glacée, frustre, obsédante, capitale mondiale du somnambulisme irriguée par une mystérieuse énergie magnétique magique sexuelle souterraine.
Des chevaux fuyant un incendie figés dans une rivière gelée, des souvenirs confus et théâtraux, du spiritisme, un regard amer sur un siècle d'urbanisme. Mêlant ce qui semble être des images d'archives locales, des films de famille et des reconstitutions "officielles", l'auteur nous fait douter et livre au final une envoûtante ode au cinéma et à la naissance des histoires




Écrit le 30 décembre 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #8 "La nuit" (du 17 janvier au 27 février 2024)

mardi 16 janvier 2024

J'ai pas sommeil - Claire Denis (1994)






















C'est au petit matin que Daïga débarque à Paris au volant de sa vieille voiture avec pour tout bagage un peu d'argent, deux numéros de téléphone et beaucoup de cigarettes. Elle a fait d'une traite la route de Vilnius à Paris, elle est comédienne et un metteur en scène de passage à Vilnius lui a promis de l'aider.

Katerina Golubeva est un peu trop années-90-ment belle dans sa skoda rouillée, à fumer des clopes dans des vêtements trop grands qui lui vont si bien. Béatrice Dalle aussi est très photogénique quand elle apparaît, ça agace pas mal. Heureusement il y a les autres : Line Renaud qui tient l’hôtel avec sa mère et qui le jour anime les cours de karaté des “panthères grises”, les frères martiniquais, la police...
En adaptant librement l’affaire Thierry Paulin, Claire Denis et Agnès Godard dissolvent le sordide dans un enchaînement de séquences froides et veloutées, étrangement douces et enveloppantes. On retrouve cette espèce de mélancolie propre au début des années 90, la mort qui rôde, la solitude des métropoles. Ces personnages qui se croisent sans vraiment se parler font avancer le film en cercles concentriques, comme un oiseau planant lentement au-dessus d'une proie. C’est doux et mélancolique, une berceuse chantée par Jean-Louis Murat, de l'ASMR chuchoté en russe dans une boîte de nuit gay.




Écrit le 30 décembre 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #8 "La nuit" (du 17 janvier au 27 février 2024)

Ce film étant finalement déprogrammé (problème de copie) vous avez droit à une deuxième image


et un extrait vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=MMcBEOvxXj4