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mercredi 6 décembre 2023

L'île au trésor - Guillaume Brac (2018)

 


Un été sur une île de loisirs en région parisienne. Terrain d’aventures, de drague et de transgression pour les uns, lieu de refuge et d’évasion pour les autres. De sa plage payante à ses recoins cachés, l’exploration d’un royaume de l’enfance, en résonance avec les tumultes du monde.

Ce film est une merveille. Guillaume Brac fait ressentir l’été comme personne. En s’attachant à différents habitants de ce paradis miniature, nous vivons le plaisir des journées sans fin, le bruit de l’eau, la douceur du soir, l’immense joie de la resquille. Ils sont si doux ces gardiens de parc, ils savourent avec le même délice chaque excuse inventée par les jeunes fraudeurs pris en flag, chaque jour un nouveau poème offert pour eux. Courez voir cette succession d’instants de grâce, c’est beau.



Écrit le 13 juillet 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #3 "Tout baigne ?"

mardi 5 décembre 2023

Les vacances à Chelles - Martin Jauvat (2019)














C'est l'été en banlieue parisienne. Il fait chaud, la ville est déserte. Parfois, on se sent seul quand on reste à la maison, et tout ce dont on rêve, c'est d'un peu de compagnie.

Dans ce début certes maladroit le très jeune Martin Jauvat réussit à nous intriguer par une sensibilité et un humour mi-pataud mi-poétique. Ici c’est la douceur qui désarçonne.  Est-ce que les jeunes sont plus gentils en 2020 ? Est-ce que c’est la fumette ? Sont-ils idiots ? Cette simplicité avec la gentillesse, ce fond mélancolique, on les retrouve affinés dans Le sang de la veine puis le réjouissant Grand Paris. On en veut encore, retrouvons-le dans Ville éternelle de son amie Garance Kim sur arte.tv.



Écrit le 13 juillet 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #3 "Tout baigne ?"

Nos soleils - Carla Simón (2022)

 

Depuis des générations, les Solé passent leurs étés à cueillir des pêches dans leur exploitation à Alcarràs, un petit village de Catalogne. Mais la récolte de cette année pourrait bien être la dernière car ils sont menacés d'expulsion.

Ma grand-mère espagnole adorait les films qui font pleurer, elle disait que si on ne pleure pas ça sert à rien. Elle nous racontait aussi les hérésies culinaires de ses belles-sœurs en se foutant bien de leur gueule d’un air outré parce qu’elles se vantaient de faire la sauce tomate au mixeur et trouvaient ça super. Ça nous faisait bien rigoler. 

Nos soleils se passe pendant un été dans une famille en Espagne. On commence par suivre les enfants en perpétuelle quête d’un truc à transformer en cabane pour jouer dedans, les adultes finissent par récupérer les trucs en question parce qu’ils s’en servent, et tout s’enchaîne avec une fluidité sans égal, la caméra passant d'un monde à l’autre avec la même acuité pour ce qui s’y trame. L’après-midi le grand-père dort devant un programme nul à la télé, les enfants et ados agglutinés sur le canapé autour de lui parce que dehors il fait trop chaud font des manœuvres de cambrioleurs pour récupérer la télécommande sans le réveiller, dehors la grand-mère dit à ses filles que non non non passer la sauce tomate au mixeur ça n’a aucun rapport. Tout ça n’a l’air de rien, on a envie que ça continue, on sent l’odeur des pêches, on pleure.




Écrit le 27 mai 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #1 "Belles équipes"