Katerina Golubeva est un peu trop années-90-ment belle dans sa skoda rouillée, à fumer des clopes dans des vêtements trop grands qui lui vont si bien. Béatrice Dalle aussi est très photogénique quand elle apparaît, ça agace pas mal. Heureusement il y a les autres : Line Renaud qui tient l’hôtel avec sa mère et qui le jour anime les cours de karaté des “panthères grises”, les frères martiniquais, la police...
En adaptant librement l’affaire Thierry Paulin, Claire Denis et Agnès Godard dissolvent le sordide dans un enchaînement de séquences froides et veloutées, étrangement douces et enveloppantes. On retrouve cette espèce de mélancolie propre au début des années 90, la mort qui rôde, la solitude des métropoles. Ces personnages qui se croisent sans vraiment se parler font avancer le film en cercles concentriques, comme un oiseau planant lentement au-dessus d'une proie. C’est doux et mélancolique, une berceuse chantée par Jean-Louis Murat, de l'ASMR chuchoté en russe dans une boîte de nuit gay.
Écrit le 30 décembre 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #8 "La nuit" (du 17 janvier au 27 février 2024)
Ce film étant finalement déprogrammé (problème de copie) vous avez droit à une deuxième image
et un extrait vidéo



