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mardi 13 mai 2025

Gringo

10 décembre 2021

"En attendant je te raconte 3 trucs drôles qui sont arrivés quand j'étais à la caisse du cinéma, je te les écris à toi en exclusivité :


le premier truc c'était en septembre ou octobre, et donc une jeune et très belle femme me tend son smartphone pour que je scanne son passe sanitaire qu'elle avait pris en photo, enfin elle faisait défiler sa galerie de photos sur le comptoir devant mon nez et hop la photo qu'elle agrandit pour que je la scanne c'est pas le passe sanitaire, c'est un selfie (enfin je crois) de ses seins (enfin son torse fin avec ses vêtements remontés) ha ha mais ça a duré une seconde parce qu'elle a swipé la photo assez vite, et moi grande classe j'ai fait comme si de rien n'était, super pro.
Alors je ne sais pas ce que tu en penses mais moi je me suis demandé si c'était fortuit ou volontaire. Genre c'est une grosse blagueuse qui a fait une école d'art, c'est un genre de performance cachée underground, le genre de truc qui me branche. Ou alors elle est légèrement exhibitionniste. Ou alors elle a pas fait exprès du tout. Ou alors c'est une activiste qui fait ça pour troubler tous les contrôleurs de passes sanitaires qu'elle croise sur son chemin?
Ou alors c'était juste pour moi.
Haaaaa j'aimerais tant la revoir pour lui demander, le problème c'est que je ne me souviens plus de sa tête, dans mon imaginaire je l'ai associée à l'actrice Phoebe Waller Bridge que je trouve belle drôle et spirituelle mais bon si ça se trouve elle lui ressemble pas du tout... j'aurais dû regarder son nom mais je ne le fais jamais.




















Deuxième histoire de passe sanitaire un peu drôle et mystérieuse qui m'est arrivée il y a dix jours :
une jeune femme me tend son smartphone avec le QR code, je le scanne et là, je sais pas pourquoi, alors que d'habitude je ne regarde jamais ce qui s'affiche sur l'écran - juste la couleur verte qui dit que c'est ok et encore - là, mystère, mes yeux lisent le nom de la fille et bon ça doit pas être un hasard puisque ce nom je le connais, c'est Anouk Ricard, la célèbre illustratrice, que je connais un peu en vrai parce qu'avant elle vivait à Strasbourg. Et là je vois bien que c'est pas elle, enfin ça pourrait mais quand même je la reconnaîtrais je pense, alors comme on a des masques je la regarde un peu mieux, du coup elle me regarde avec un drôle d'air genre "merde est-ce que je me suis faite griller?", tout ça est très furtif, et puis bon avec les masques, et moi toujours la reine de la classitude, je fais comme si de rien n'était. Je me suis dit que ça devait être sa soeur... Je me suis dit que j'allais envoyer un mail à Anouk pour lui raconter et lui demander en rigolant mais après j'ai oublié, peut-être je ferai ça plus tard... En tous cas je me suis dit deux trucs :
1 : c'est pas forcément malin d'emprunter le pass sanitaire de quelqu'un de connu
2 : en même temps, les personnes susceptibles de connaître Anouk Ricard et de contrôler des passes sanitaires vont à priori être coolos et pas appeler la police.
Le plus fou c'est que le soir même ou deux jours après je sais plus, en passant la carte d'abonnement d'un client, je vois qu'il s'appelle Marc Lévy, mais bon comme je sais pas à quoi il ressemble je peux pas savoir si c'est lui ou un autre et là je me dis ahaaan... Et là je viens de taper marc lévy strasbourg dans google pour voir s'il était pas de passage dans la région ou s'il habiterait pas en alsace, mais non c'est un psychiatre.


La troisième histoire c'était hier :
il y avait l'avant-première d'un film documentaire qui a l'air bien pourri, l'histoire d'une jeune femme qui apprend qu'elle a la sclérose en plaque et qui décide de faire le tour du monde ou je sais pas quoi pour voir des chamanes (et Rosy, c'est le nom qu'elle donne à sa maladie haaaannn)





































et bref, il y a tellement personne à cette avant-première qu'avec Julie on se marre en voyant le nom d'un·e invité·e de la réalisatrice, ce nom c'est "Casual Melancholia" (et la réalisatrice a précisé que c'était bien son nom), on commence à essayer de trouver à quoi va ressembler cette personne, moi j'imagine un genre de gothique vampire manga ado transgenre à la Twilight, Julie qui a la liste des invités et qui est sur le côté convient d'un code pour me prévenir quand cette personne sera là (genre tapoter sur la vitre en plexi avec son crayon. Je lui dis de taper une seule fois histoire que ça soit discret), bon on attend, on attend, on guette mais rien, cette personne n'est pas venue. Par contre Julie après coup me dit qu'un mec est venu et a donné comme nom "Gringo des Steppes", mais comme il n'était pas sur la liste il a fini par donner son vrai nom en disant "ah elle a pas dû oser".


Voilà voilà, mes supers histoires de caissière."

jeudi 22 août 2024

Diamantino - Gabriel Abrantes, Daniel Schmidt (2018)


Magnifique, candide et attachant, Diamantino est l’icône planétaire du football, un héros flamboyant touché par la grâce. Quand soudain, en pleine Coupe du Monde, son génie s’envole dans les vapeurs roses de ses visions magiques, sa carrière est stoppée net. Problème : il ne connaît rien d’autre.

Diamantino est un conte. Comme tout conte il nous parle de vraies choses. Des créatures vénales machiavéliques ultra-nationalistes manipulent un footballeur star infantilisé afin de régner sur la terre grâce à une armée de clones lobotomisés.
Diamantino est-il un documentaire ? Vivons-nous dans un film de série B ? Cet idiot au coeur pur parviendra-t-il à briser ses multiples chaînes grâce à l’amour pour ce jeune migrant adopté dont il ignore qu’elle est une espionne lesbienne enquêtant sur le terrible complot ?




Écrit pour la brochure du cinéma Le Cosmos, cycle #12 "Liaisons sportives" du 17 juillet au 27 août 2024.



Plus que deux séances pour voir ce très beau film sur grand écran à Strasbourg : ce samedi à midi et mardi 27 août à 20h30, au Cosmos.
Ne le ratez pas, c'est drôle beau hallucinant poétique et émouvant ouais les gros mots c'est un peu foireux et très réjouissant, l'acteur est super, tout le monde parle portugais, je sais pas ce qu'il vous faut de plus pour vous convaincre.
Le 19/08/2024 Geoffrey m'a envoyé ce message : " Ohlalaa on vient de voir "DIAMENTINO" avec Jaki j'ai adoré, Jaki a bien aimé aussi, trop beau trop drôle merci<3 "





























mardi 16 janvier 2024

J'ai pas sommeil - Claire Denis (1994)






















C'est au petit matin que Daïga débarque à Paris au volant de sa vieille voiture avec pour tout bagage un peu d'argent, deux numéros de téléphone et beaucoup de cigarettes. Elle a fait d'une traite la route de Vilnius à Paris, elle est comédienne et un metteur en scène de passage à Vilnius lui a promis de l'aider.

Katerina Golubeva est un peu trop années-90-ment belle dans sa skoda rouillée, à fumer des clopes dans des vêtements trop grands qui lui vont si bien. Béatrice Dalle aussi est très photogénique quand elle apparaît, ça agace pas mal. Heureusement il y a les autres : Line Renaud qui tient l’hôtel avec sa mère et qui le jour anime les cours de karaté des “panthères grises”, les frères martiniquais, la police...
En adaptant librement l’affaire Thierry Paulin, Claire Denis et Agnès Godard dissolvent le sordide dans un enchaînement de séquences froides et veloutées, étrangement douces et enveloppantes. On retrouve cette espèce de mélancolie propre au début des années 90, la mort qui rôde, la solitude des métropoles. Ces personnages qui se croisent sans vraiment se parler font avancer le film en cercles concentriques, comme un oiseau planant lentement au-dessus d'une proie. C’est doux et mélancolique, une berceuse chantée par Jean-Louis Murat, de l'ASMR chuchoté en russe dans une boîte de nuit gay.




Écrit le 30 décembre 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #8 "La nuit" (du 17 janvier au 27 février 2024)

Ce film étant finalement déprogrammé (problème de copie) vous avez droit à une deuxième image


et un extrait vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=MMcBEOvxXj4

samedi 13 janvier 2024

Blue Velvet - David Lynch (1986)















Il se passe quelque chose d’étrange derrière les palissades blanches de Lumberton, Caroline du Nord. Après avoir fait la découverte d’une oreille humaine coupée dans un champ, Jeffrey Beaumont, un étudiant attiré par le mystère, est bien déterminé à enquêter. Avec l’aide de sa petite amie, Jeffrey pénètre dans l’univers sombre et dangereux de Dorothy Vallens, une chanteuse de boîte de nuit mystérieusement unie à Frank, un gangster sadique, autour d’une histoire de kidnapping.

Pour le cycle précédent ("Contes et Légendes") on m’a dit “nan, Sailor et Lula en double programme avec Le magicien d’Oz c’est hors sujet”. Celles et ceux qui ont craqué en achetant le dernier numéro hors-série hors de prix (lisez-le à la médiathèque) des Cahiers du Cinéma alors qu’ils étaient mieux avant savent bien que toutes les excuses sont bonnes pour rester vivre le plus longtemps possible dans le monde merveilleux de David Lynch et que non ce n’était pas hors sujet mais c’est égal car :
Blue Velvet je l’ai vu à l’Odyssée (ancien nom du Cosmos) un soir à minuit il y a très longtemps, c’était l’époque où on pouvait y voir des rétrospectives Tsui Hark ou Harmony Korine, autour de l’an 1998 ou 2002. En sortant de là dans un état de choc certain, la ville était déserte car c’était la nuit, j’avais 220 mètres à parcourir en passant par la ruelle de la pisse et une terrifiante cage d’escalier immobile pour arriver à mon placard studio et y faire ma toute première insomnie, pétrifiée, éveillée par la Terreur et l’Amour purs.



Écrit le 30 décembre 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #8 "La nuit" (du 17 janvier au 27 février 2024)

mardi 9 janvier 2024

La bande à Momo et l'énigme de gravillon magique (9) (Can you speak french ?)

XIII
  Promenades
 dans une ville  à drogue .


« Faîtes attention a vous quand même
- Oui Oui Oncle Jack
- Si vous n'êtes pas la pour 20h00
j'appelle les flics !
- Ok !
- Allez on y va» 
              ---------
Après 30 minutes de marche elles pénétrent dans la ville . Elles demandèrent aux enfants si elle n'avait pas vu Pascal.elles leur montraient une photo
Personne ne connaissait)
Mais un enfant qui portait des cartons se cognat contre Lami
«Po Que cRastadas mono quardrona
- Qu'est-ce qu'il raconte celui là ?
- Je sais pas attendez je vais lui demandez quelque chose en anglais :
Can you speak french ?
- Sí mesdemoiselles !
- Chouette comment t'appelles-tu ?
- Pablo Marco , mais j'aime mieux marco !
- Ok marco  Peux tu nous rendre un service ?
- Oui ?
- Connais tu cet homme!->
Elles lui présentèrent la photo de Pascal
- Grande ! Carano *
Señor Carano !
- Tu le connais ?
- Je ne peux le dire
- Ah oui ? Il le faut
  Marco notre vie pourrait être en danger
- Ah bon ? Voici le señor Carano ! Mon maître
- Ton maître ? Ton maître de quoi ?
- C'est un tyran ! Il m'a enlevé à ma famille
  Il me l'a emprisonné et envoyé au camp de "Bournourath" au Mexique
  C'est un traître ! Il me paye pour que je transporte ces maudits cartons de . . .

*Le señor Carano est pascal




                    (à suivre...)

vendredi 15 décembre 2023

La bande à Momo et l'énigme du gravillon magique (6)

- Mais que faites vous ici
- L'oncle Jack m'a dit que Momo était ici alors en tant qu'ami j'ai voulu lui dire un bonjour . Mais . .
Mais elle n'est pas ?
- Si mais rester dormir avec nous ne l'enchantait pas du tout
- Il parait que vous êtes ici pour régler une petite énigme
- Oui s'écria Gigi parce que . . .
- Heu oui mais très secrète intervint Lami !
- Un conseil les filles ne vous charger pas de ça c'est trop dangereux et d'ailleurs la police se ferait un malin plaisir a vous aider mais allez plutot vous baladez je crois que se sera mieux !
Et les trafiquants de drogue rôdent souvent par ici !
Retournez à la maison ce n'est pas un endroit pour vous !
- Oui mr Pascal vous avez raison je ne travaille plus sur cette histoire à partir de maintenant s'écria Lolo
- Moi aussi s'écrierent les trois autres en même temps
«- Bonne décision les filles   Salut et il quitta la pièce




                    (à suivre...)

mardi 5 décembre 2023

Delphine et Carole, insoumuses - Callisto Mc Nulty (2019)
















La rencontre entre l'actrice mythique Delphine Seyrig et la réalisatrice Carole Roussopoulos nous conduit au coeur du féminisme des années 1970. Caméra au poing, elles vont s'engager dans des combats radicaux avec insolence, intransigeance et beaucoup d'humour.

Ce film est limpide. On s’y exprime de façon simple et intelligente. Il est émouvant stimulant instructif. Il donne furieusement envie de voir tous les films produits à cette époque par ces femmes intelligentes. C’est réjouissant de voir que tout ça a existé, un peu moins de réaliser qu’il aura fallu 50 ans pour qu’on en parle à nouveau. La volonté de partager les savoirs, passer à l’action, s’entraider y est essentielle. 

Vous aussi vous voulez une rétrospective Roussopoulos? Ecrivez au Cosmos ! 




Écrit le 27 mai 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #1 "Belles équipes"