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lundi 10 juin 2024

Tampopo - Jūzō Itami (1985)























Tampopo, une jeune veuve, gère, sans succès, un petit restaurant de ramen dans un quartier populaire de Tokyo. Sa vie va basculer le jour où un client, Goro, routier à la dégaine de cow-boy et fin gourmet, décide de lui enseigner l'art et la manière de cuisiner les nouilles. Leur histoire croisera les aventures érotico-alimentaires d'un homme en complet blanc, l'obsession compulsive d'une vieille dame, le dernier repas d'une mère de famille...

Avec Tampopo, film culte trop rarement projeté, apprenez avec cet homme mystérieux à déguster une huître sauvage dans la paume tendue d’une jeune pêcheuse, à suivre les enseignements précis et précieux d’un routier ou d’un clochard étoilé.
Avec ses 4 séances uniques au Cosmos, pas de risque qu’il perde sa fraîcheur ni son mystère. Mais vous, oui : vous, qui n’avez pas peur d’un oeuf cru ni d’une expérience rare, ne passez pas à côté de cette perle, faites partie des initiés.



Écrit pour la brochure du cinéma Le Cosmos, cycle #11 "la grande bouffe" (du 5 juin au 16 juillet 2024)




Le jour où j'ai écrit ce texte il n'y avait que 4 séances programmées, j'étais dégoûtée. La veille de l'impression de la brochure on m'appelle pour me dire qu'en fait il y a 14 séances, pourquoi j'ai écrit 4, et est-ce que que je veux changer mon texte. J'étais dans un train, j'ai dit nan, t'as qu'à juste mettre 14, ça ira aussi. Voilà, 14 c'est OK, vous avez zéro raison de pas aller le voir mais vous faites bien comme vous voulez.

jeudi 8 février 2024

Professeur Yamamoto prend sa retraite - Kazuhiro Soda (2020)























Pionnier de la psychiatrie au Japon, le professeur Yamamoto s’apprête à prendre sa retraite à l’âge de 82 ans. A l’approche du départ, il sent ses patients de plus en plus déboussolés, alors qu’il ne sait pas lui-même comment affronter ce bouleversement.

Dans ce documentaire intriguant, profondément humain, les étrangetés se comprennent au fur et à mesure, dans la plus grande douceur. Une simple scène où l'on veut servir du thé au réalisateur devient épique, lunaire. D'où viennent tous ces gâteaux empaquetés entassés dans la petite cuisine, comment les servir, vont-ils y arriver ?
Alors que le brouillard pour nous se dissipe, il entoure doucement le professeur. Petit à petit sa mystérieuse compagne devient le sujet principal du film, ce glissement qui s'opère est bouleversant.



Écrit le 8 février 2024 pour la brochure du Cosmos, cycle #9 "santé mentale" (du 28 février au 9 avril 2024)

mercredi 6 décembre 2023

Onibaba (1964) et Kuroneko (1968) - Kaneto Shindô

 

Au XIVe siècle, la guerre entre les samouraïs ruine le pays. Une femme et sa belle-fille subsistent difficilement en vendant les armes des soldats qu'elles ont tués. Apprenant un jour que sa bru a une liaison avec un déserteur, la belle-mère se déguise en démon pour la terrifier et la garder auprès d'elle.

Deux femmes vivant dans une hutte, des samouraïs affamés perdus dans les herbes hautes.
Eau, nourriture, sexe.
Temps hostiles, besoins primaires, survie : on mange avec appétit, on dépouille les victimes avec sérieux et méthode. C’est avec le même sérieux que la jeune femme brave sa peur chaque nuit pour rejoindre son amant à travers les herbes coupantes. Avec la même force sa belle-mère tente de l’en empêcher.



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Gnitoki, un samouraï engagé dans l'armée, découvre les corps de sa mère et de son épouse violées et assassinées. Il rencontre deux femmes qui leur ressemblent étrangement. Il s'avère bientôt que ces deux créatures sont les fantômes des défuntes qui cherchent à se venger...

Deux femmes vivant dans une ferme, des samouraïs affamés rodant dans la campagne...
Deux points de départ similaires, deux faces du même joyau.
Quand Onibaba, cruel et solaire, saisit par son âpreté rustique, Kuroneko s’envole vers une romance fantastique et tragique.
Kuroneko, envoûtant, où deux femmes fantômes jouent à la perfection les gestes du raffinement japonais, se déplacent en glissant dans des décors et costumes à la fois minimaux et sublimes, yeux brillants, voix troublantes, on ne se lasse pas d’assister au ballet de leur piège tant il est délicat et fascinant.
Magnifiquement orchestré, chaque scène recèle une invention de cinéma. La nature y est incroyable, le son tout aussi beau.
Courez, volez, montez sur votre cheval, ne ratez pas ces deux chefs-d’œuvre, arrêtez-vous au Cosmos.




Écrits le 25 novembre 2023 pour la brochure du Cosmos, cycle #7 "Contes et légendes"